Nos émotions

Mis à jour : 19 avr. 2020


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C'est un vaste sujet, car nous sommes dans une société où nous avons tendance à les cacher, les ré-freiner. De façon insidieuse, elles génèrent des tensions que nous ne soupçonnons même plus avec le temps, car ces mêmes tensions deviennent familières.


C'est comme si nous mettions un cache sur le voyant du tableau de bord qui s’allume, au lieu d’emmener la voiture au garage...


Il ne va de même avec le stress, le poison de notre société moderne. Tout le monde y est livré. Les notifications permanentes, les lanceurs d'alerte que sont les médias, tout contribue à nous maintenir dans un état de veille et de tension, qui n'est pas bon pour la santé. Une étude américaine a même démontré qu'à chaque fois que nous ouvrons un mail, nous sommes en micro-apnée, ce qui excite notre système nerveux.


Malgré tout, comme je l'ai souligné, nous sommes un peu comme la grenouille que l'on met dans une casserole que l'on chauffe à feu doux, et qui ne sentira même pas la mort arriver. Toutes ces micro-tensions cumulées ne sont pas visibles à l'oeil nu et nous font pourtant du mal à l'intérieur, si nous les enfermons dans notre corps et nous n'y prenons pas garde.


La seule manière de nous en apercevoir est d'améliorer nos compétences somatiques.


Car nos émotions sont notre boussole intérieure. C'est en particuliers la joie qui doit nous guider pour maintenir une bonne qualité d'énergie. Contrairement à ce que l'on croit, cette joie n'est pas liée aux activités que nous entreprenons, mais plutôt au résultat d'un chemin intérieur que nous devons cultiver. Je l'explique plus en détail dans ce billet sur la joie.


Nous devons donc faire alliance avec nos sensations, générées par nos émotions, qui constituent nos meilleurs alliés pour découvrir nos besoins, tout autant physiques que psychiques et spirituels, intimement liés car bien entretenir notre corps, c'est prendre soin du véhicule de notre âme.


Encore une fois, notre société concurrentielle mettant en exergue la performance seulement quantitative, ne se prête pas à un telle alliance et au contraire alimente la confusion.


Importance de la distinction entre stress et émotion

A l'époque quand je faisais des compétitions de tennis avec mes amis, ou après, dans le monde entrepreneurial avec mes paires, nous pouvions reconnaître l’apparition d’une sensation plutôt désagréable, et parfois invalidante avec des réactions physiques et mentales pénibles qui nous laissaient ultra tendus, et qui montait au fur et à mesure de l'importance des enjeux et que nous nommons toujours : pression, stress, trac.


Avec ces 3 mots, toutes nos expériences émotionnelles négatives, angoisse, insatisfaction, anxiété, exaspération, peur, colère, tristesse, inquiétude, agacement, frustration, dégoût, etc, se sont ainsi résumées sans nuance et sans précision.


Soi dit en passant , il en est de même de nos combats qui dégénèrent en conflits (on mélange aussi les 2 termes), vite estampillés "harcèlements" ou "agressions", qui eux génèrent souvent du stress, là où le combat (dont l'étymologie désigne une idée d'avancer AVEC, comme en judo et pas CONTRE) doit être au contraire une confrontation permettant d'engager un dialogue sincère où chacun exprime ses véritables idées, émotions ou sentiments. La seule chose à remettre en question est l'issue du combat, qu'on nomme conflit quand c'est une simple opposition d'idées sans prendre en compte celles des autres, comme c'est souvent le cas, au lieu de trouver un débouché qui doit être positif, nourrissant pour les protagonistes. Mais ça, c'est une autre histoire, que je développe dans mon livre, en expliquant comment le sens de la coopération se construit et passe par ne pas avoir peur de la confrontation.


Pour revenir au stress, c'est un très bon témoin, quand il est bien appréhendé avec l'émotion qui s'y cache, de la façon dont la confrontation se passe et si elle ne va pas dégénérer en conflit ouvert ou larvé, pour que, sans attendre, nous puissions agir différemment en conciliant nos besoins réciproques.


Le stress est d'abord et avant tout le résultat d'une réaction de notre cerveau reptilien, pour nous défendre d'un danger, et particulièrement d'un danger lié à notre survie. Alors que les émotions découlent de notre cerveau limbique et nous envoient des messages sur nos besoins. Mettre des mots dessus plus exacts, c’est un premier pas vers leur compréhension et le traitement de ce qui les a déclenché. Le stress peut alors être aussi la conséquence d’un trop plein d’émotions, si nos besoins ne sont toujours pas satisfaits.

Pour vous aider à mieux gérer vos émotions, la première chose à comprendre et à intégrer est donc de voir ce qui se cache derrière le stress que nous identifions : bien souvent, il concerne une émotion en particuliers, la peur. Mais par notre éducation, nous la refoulons, nous avons du mal à l'avouer.


Nous sommes bourrés de peurs, c'est une émotion universelle, et il est absolument normal d’avoir peur !


La peur à bon escient est notre signal pour nous protéger, pour nous éloigner concrètement d’un danger réel ou potentiel qu'elle a évalué. Elle est alors là pour anticiper et nous écarter d'un stress inutile.


De la même manière, face à une situation inconnue, notre cerveau limbique se met à produire un fort sentiment de peur, qui mal géré, peut placer notre cerveau reptilien, tout naturellement, en mode survie. Car si vous observez bien, la peur n'est qu'une réaction à une évaluation du danger, qui peut être exagérée et nous mettre dans l'affolement. Quand nous sommes dans l'action proprement dite, elle disparaît ou laisse place à l'anxiété, peur plus diffuse, quand nous nous sentons démunis. C'est pourquoi, nous employons souvent l'expression : "plus de peur que de mal." En effet l'autre versant de la peur n'est pas le stress, qui nous pousse à fuir ou à lutter, mais l'anxiété avec simplement nos pensées imaginant une issue fatale. C'est pourquoi, encore une fois, il est important de rester au plus près de nos ressentis et de bien nommer les choses pour pouvoir agir dessus avec les bons leviers.


Par exemple, dans notre monde moderne, nous savons tous qu'une compétition, qu'un enjeu commercial n'engage pas notre propre vie. Par contre, nous pouvons nous laisser envahir par nos émotions, plus proche de l'anxiété et qu'on nomme peur du jugement, peur de l'échec, etc, en reconnaissant que c'est le fruit de notre mental. Les réduire à du stress, nous empêche d'y voir les besoins qui s'y cachent et qu'il nous faut pourtant honorer, sous peine de garder des tensions inutiles. Ce n'est qu'en les décryptant que nous pourrons adopter la bonne intention et le bon comportement nous rendant plus clair sur nos attentes.


Retrouver le nom et le goût de nos émotions


Notre "néocortex", siège de notre intelligence, cherche souvent à tout contrôler. Il nous incite, quand notre Ego est bien solide, à nous montrer plein d'assurance pour nous-même et de méfiance pour les autres. A l'excès, nous pouvons nous rendre autoritaire, comme inquiet et frustré à l’idée d’être mal jugé. C'est en réalité nos craintes, nos agacements, nos frustrations qui mériteraient d'être explorés davantage, car chacun séparément nécessiterait une solution différente. Vous voyez bien ici que de parler seulement de stress ne permettrait pas réellement un changement en profondeur. Quelle que soit la technique "anti-stress" utilisée, le mieux-être obtenu sera très passager. Nous savons bien qu’on n’éteint pas des incendies en soufflant dessus...


Ainsi dans les préparations mentales que je réalise pour mes coachés, nous essayons toujours de creuser davantage pour débloquer plus durablement les freins qu'ils ont.


Car il ne faut pas seulement être performant quand tout va bien, mais maintenir notre zone d'excellence, même quand l'enjeu est fort. Et cela ne passe pas par la méthode Coué, le contournement de nos peurs, de nos émotions, mais bien leur prise en compte effective pour accueillir nos faiblesses, nos vulnérabilités et les transformer en force, quand nous avons trouvé notre axe à la croisée de notre verticalité et horizontalité détaillé dans le lien.

Alors, nos émotions joueront pleinement leur rôle de forces motrices pour nous transcender en agissant puissamment sur nos gestes et nos actions.


Les plus grands de ce monde, à l’instar des champions, des grands chefs d’entreprise, des inventeurs ou des artistes, ont compris notamment que la peur est un stimulant ! 

La célèbre actrice, Sarah Bernhardt, avait répondu à une jeune comédienne qui se vantait de ne jamais avoir de trac, la réplique suivante :

"Ne vous en faites pas, le trac, cela viendra avec le talent".


Apprivoiser nos peurs, nos émotions ne consiste pas à les dompter, dans le sens que nous comprenons généralement, à savoir de les contrôler, mais à nous familiariser avec pour en faire des alliés.


Je ne serais trop vous recommander de pratiquer plus souvent la lecture émotionnelle, en améliorant vos compétences somatiques. Cela aura pour énorme avantage de générer des plans d’action qui vont traiter les déclencheurs de vos émotions, réduisant ainsi leur récurrence et leur intensité, comme :


  • Entendre derrière