Entrepreneurs, managers : et si vous passiez une partie de vos journées en apnée ?
- il y a 2 jours
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Sous pression, notre respiration change parfois avant même que nous en ayons conscience. Chez les entrepreneurs et les managers, ces petites « apnées » du quotidien peuvent révéler une contraction qui influence notre disponibilité, notre perception et notre manière de décider. Et si apprendre à les repérer était déjà une compétence ?
Temps de lecture 4 mns
Il m’arrive encore de m’en rendre compte après coup.
Je suis devant mon ordinateur, concentré sur un sujet un peu délicat. Un mail auquel je ne sais pas encore quoi répondre. Une décision qui demande plus de réflexion que prévu. Une conversation que j’anticipe déjà.
Et puis, soudain, je réalise que je ne respirais presque plus. Pas au sens propre, évidemment, car je n’étais pas réellement en train de retenir mon souffle depuis plusieurs minutes.
Mais ma respiration était devenue tellement discrète, tellement réduite, parfois entrecoupée de petits blocages, qu’elle accompagnait parfaitement ce qui se passait ailleurs : j’étais concentré, oui… mais aussi un peu contracté.
Je pense que beaucoup d’entrepreneurs et de managers connaissent ça.
On pourrait appeler cela vivre en apnée.
Pas l’apnée spectaculaire de celui qui plonge sous l’eau. Une apnée beaucoup plus banale. Celle qui s’installe devant un écran, pendant une réunion, avant de décrocher un téléphone ou au moment d’entendre une remarque qui ne nous plaît pas.
Et le plus souvent, nous ne la remarquons même pas.
Il y a des journées où l’on ne s’arrête jamais vraiment
Vous connaissez probablement ces journées.
Elles commencent parfois avant même d’être arrivé au bureau. Quelques messages regardés au réveil, un problème qui revient en tête sous la douche, un premier appel dans la voiture ou dans un transport commun.
Puis tout s’enchaîne : une réunion, un mail urgent, quelqu’un qui a besoin de vous, un arbitrage à rendre, un retard, une notification, un imprévu qui vient bousculer ce que vous aviez prévu de faire.
Rien d’extraordinaire, finalement. C’est même une journée assez normale pour beaucoup d’entrepreneurs et de managers.
Le problème n’est pas forcément l’intensité de chacun de ces événements pris séparément. C’est leur accumulation. Cette impression de ne jamais vraiment revenir à zéro entre deux sollicitations.
On termine une visioconférence et, avant même d’avoir assimilé ce qui vient de se passer, on ouvre le message suivant.
On sort d’une discussion tendue et on entre dans une autre réunion avec ce qu’elle a laissé dans le corps.
On prend une décision et on passe immédiatement à la suivante. On avance.
Et puisque nous avançons, nous en concluons assez facilement que tout va bien.
Mais le corps, lui, raconte parfois une autre histoire. Et on s'en rend compte plus souvent le soir : nous sommes plus fatigués, moins disponible pour discuter ; ou nous ressentons le besoin de nous défouler de façon excessive pour sentir après les endorphines nous relaxer enfin.
La pression ne commence pas toujours dans la tête
Quand on parle de pression ou de stress dans le monde professionnel, on parle beaucoup du mental.
Les pensées qui tournent. La charge mentale. Les inquiétudes. La difficulté à décrocher.
Tout cela existe, bien sûr.
Mais ce que les arts martiaux m’ont appris, c’est que notre état ne se joue pas uniquement dans notre tête. Il est aussi dans notre corps.
Quand une attaque arrive, le débutant a souvent un réflexe très humain : il se raidit. Il bloque. Il retient parfois sa respiration.
Ce n’est pas volontaire. Personne ne lui a dit : « contracte tes épaules et arrête de respirer ». Ça se fait tout seul. Et c’est justement ce qui est intéressant.
Avec le temps, j’ai commencé à remarquer que nous faisions parfois quelque chose d’assez proche face aux petites attaques de la vie professionnelle.
Évidemment, un mail désagréable n’est pas un coup de poing. Mais observez ce qui se passe la prochaine fois que vous en recevez un. Il est possible que votre corps réagisse avant même que vous ayez fini de lire : une légère tension dans le ventre, la mâchoire qui se serre, le visage qui se rapproche de l’écran, et parfois ce petit arrêt du souffle, presque imperceptible. Quelques secondes seulement. Puis vous repartez.
Nous retenons parfois notre souffle sans nous en rendre compte
C’est là que le mot « apnée » est révélateur.
Je ne l’utilise pas comme un diagnostic médical. Je l’utilise comme une image pour décrire ces moments où, sous l’effet de la concentration ou de la pression, notre respiration perd momentanément sa liberté.
Elle devient plus courte, plus haute, moins mobile.
Parfois nous retenons réellement notre souffle quelques secondes.
Puis nous respirons à nouveau. Et cela peut se reproduire des dizaines de fois au cours d’une journée sans jamais attirer notre attention.
Essayez de vous observer lorsque vous écrivez un message important, ou juste avant de cliquer sur « envoyer ». Observez-vous lorsque quelqu’un vous contredit en réunion, quand vous consultez vos chiffres, quand votre téléphone sonne et que vous voyez apparaître le nom d’une personne avec laquelle vous savez que la conversation sera compliquée.
Vous découvrirez peut-être quelque chose que j’ai mis longtemps à voir chez moi :
on peut continuer à fonctionner tout en étant intérieurement en train de se contracter.
C’est même assez trompeur. Parce qu’extérieurement, rien ne semble avoir changé.
Vous continuez à parler, à réfléchir, à décider, à manager, à entreprendre. Mais vous ne le faites peut-être déjà plus tout à fait depuis le même état.
Le problème n’est pas de retenir son souffle trois secondes
Je préfère être clair là-dessus. Il ne s’agit pas de surveiller votre respiration toute la journée en vous demandant si elle est parfaite. Ce serait probablement une nouvelle source de tension, ce qui serait assez ironique.
Notre respiration change en permanence. Et heureusement. Elle s’adapte à l’effort, à la parole, à nos émotions, à ce que nous sommes en train de faire.
Le problème n’est donc pas qu’elle se modifie.
Ce qui m’intéresse davantage, c’est ce qui se passe lorsque nous ne revenons plus vraiment.
Une tension arrive. puis une autre. Une contrariété, une urgence, une décision, et nous passons de l’une à l’autre sans laisser beaucoup d’espace entre les deux.
C’est un peu comme si notre journée se construisait par petites contractions successives. Aucune n’est dramatique. Mais à 18 heures, nous nous demandons pourquoi nous sommes épuisés alors que, finalement, nous avons passé une bonne partie de la journée assis devant un écran ou autour d’une table.
Je caricature à peine.
Ce que j’ai appris des maîtres d’arts martiaux
Pendant longtemps, j’ai regardé les maîtres d’arts martiaux en pensant que leur différence venait surtout de leur maîtrise technique. Bien sûr, elle est immense.
Mais autre chose m’a progressivement frappé : leur capacité à rester disponibles alors que la situation, elle, devient intense.
Le débutant se crispe avant même que le mouvement arrive.
Le maître peut rester étonnamment relâché.
Ce relâchement n’est pas de la mollesse. Il n’est pas non plus une absence de vigilance.
Au contraire, il lui permet de sentir, de percevoir et d’agir. Et surtout, il ne gaspille pas sa force avant d’en avoir besoin.
C’est là que j’ai commencé à regarder la respiration autrement.
Non plus seulement comme quelque chose qui sert à se détendre ou à récupérer après l’effort, mais comme une compétence qui peut nous renseigner, en temps réel, sur notre capacité à rester disponible pendant l’action.
Pour un entrepreneur ou un manager, la question devient alors fort pertinente.
Comment conserver cette disponibilité au moment même où le projet dérape, où le désaccord apparaît, où il faut décider, convaincre, recadrer ou simplement accepter que les choses ne se passent pas comme prévu ?

Votre respiration ne résoudra pas votre problème
Je tiens beaucoup à cette nuance.
Si un collaborateur ne fait pas son travail, il faudra probablement en parler.
Si votre trésorerie est tendue, il faudra regarder les chiffres.
Si une décision difficile doit être prise, il faudra la prendre.
Respirer ne remplace rien de tout cela. Et je me méfie de l’idée selon laquelle quelques grandes respirations permettraient de régler les difficultés professionnelles.
En revanche, la respiration peut vous donner quelque chose de précieux avant d’agir : une indication sur l’état dans lequel vous êtes.
Est-ce que je suis disponible ?
Ou est-ce que je suis déjà en train de me défendre ?
Est-ce que je regarde encore la situation dans son ensemble ?
Ou est-ce que mon attention s’est rétrécie autour de ce qui m’agace ou m’inquiète ?
Est-ce que je vais répondre à ce mail ?
Ou est-ce que quelque chose en moi est surtout en train de riposter ?
Le souffle ne donne pas la réponse.
Il peut parfois nous éviter de répondre trop vite.
Faites l’expérience aujourd’hui, pas dans un moment calme
Je pourrais vous proposer de vous asseoir dans un endroit tranquille, de fermer les yeux et d’observer votre respiration pendant cinq minutes. C’est utile.
Mais pour ce dont nous parlons ici, j’aimerais vous proposer autre chose.
Observez votre respiration précisément au moment où vous n’avez aucune raison de penser à elle.
Pendant une réunion, devant un mail, en attendant une réponse importante.
Quand quelqu’un vous interrompt alors que vous êtes concentré.
Ou au moment où une discussion commence à vous agacer.
Ne cherchez pas à respirer plus lentement.
Ne prenez pas une grande inspiration.
Ne corrigez rien.
Juste une seconde ou deux.
Demandez-vous seulement : est-ce que je respire encore librement ?
C’est tout.
Vous constaterez peut-être que oui.
Ou vous découvrirez un petit blocage, une respiration devenue très courte, un ventre qui s’est figé.
Ce qui m’intéresse n’est pas de savoir si c’est « bien » ou « mal ».
Ce qui m’intéresse, c’est le moment où vous le voyez.
Parce qu’à cet instant, quelque chose change déjà : vous n’êtes plus complètement emporté par votre réaction. Vous êtes aussi capable de l’observer. Et cet espace, même très court, peut devenir précieux.
Et si le vrai enjeu était de ne plus attendre le soir pour redescendre ?
Nous avons beaucoup appris à récupérer après.
Après la journée, on fait du sport. On médite. On marche. On essaie de décrocher. On part en week-end ou en vacances.
Tout cela est évidemment utile.
Mais je me pose de plus en plus une autre question : et si nous apprenions aussi à dépenser moins de tension inutile pendant ?
À ne pas attendre 19 heures pour découvrir que nous avons passé la journée les épaules remontées et le souffle court.
À repérer plus tôt le moment où l’engagement devient contraction.
À rester davantage présents dans l’intensité, plutôt que de devoir constamment récupérer de cette intensité après coup.
C’est peut-être cela, au fond, que les arts martiaux m’ont le plus appris.
Il ne s’agit pas d’éviter le combat.
Il s’agit de ne pas se crisper avant même qu’il ait commencé.
Et dans une journée d’entrepreneur ou de manager, les « combats » sont rarement spectaculaires. Ce sont souvent une succession de petites résistances : un retard, un désaccord, une inquiétude, une décision, un mail désagréable.
Alors peut-être que la première chose à observer n’est pas la difficulté elle-même.
Mais ce qu’elle fait immédiatement en vous.
Une question à garder avec vous cette semaine
À quels moments de votre journée votre respiration disparaît-elle complètement de votre attention… précisément parce que toute votre attention a été happée par le problème ?
Ne cherchez pas encore à la modifier.
Repérez simplement ces moments.
Vous commencerez peut-être à découvrir vos propres « apnées » professionnelles.
Et elles en disent parfois beaucoup.
Vous voulez en faire l’expérience ?
Lire ces lignes permet de comprendre le principe. Le ressentir est différent.
Je vous propose donc de vous accorder une dizaine de minutes pour faire une expérience guidée autour de votre respiration et observer ce qu’elle change dans votre état physique, mental et émotionnel.
Il n’y a rien à réussir, aucune performance respiratoire à atteindre.
Juste une expérience à faire.
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Et lorsque vous aurez terminé, gardez peut-être cette question :
Et si l’enjeu n’était pas seulement de savoir retrouver votre souffle au calme, mais de ne plus le perdre lorsque la pression monte ?
Questions fréquentes
Pourquoi retient-on sa respiration lorsqu'on est sous pression ?
Sous l'effet de la concentration, de la surprise, de la peur ou d'une tension émotionnelle, notre respiration peut momentanément devenir plus courte, plus haute ou même se bloquer quelques secondes. Nous n'en avons pas toujours conscience. Observer ces modifications peut aider à repérer une contraction avant même d'avoir mis des mots sur notre état.
Pourquoi la respiration est-elle utile aux entrepreneurs et aux managers ?
La respiration ne prend aucune décision à notre place. Elle peut en revanche devenir un indicateur de notre état intérieur. Lorsqu'un entrepreneur ou un manager apprend à observer son souffle sous pression, il peut mieux repérer les moments où la tension réduit sa disponibilité, son écoute ou sa capacité à envisager plusieurs réponses.
Faut-il prendre de grandes respirations lorsqu'on est stressé au travail ?
Pas nécessairement. Chercher immédiatement à modifier sa respiration peut même détourner l'attention de ce qui se passe réellement. Une première étape consiste simplement à observer : est-ce que je respire librement ? Mon souffle s'est-il raccourci ? Est-ce que je le retiens ? L'observation précède la correction.
Quel rapport existe-t-il entre respiration et prise de décision ?
La respiration accompagne notre état physique et émotionnel. Sous pression, cet état peut influencer notre perception d'une situation et notre manière d'y répondre. La respiration ne donne donc pas la bonne décision ; elle peut contribuer à prendre conscience de l'état depuis lequel nous sommes en train de décider.
Que peuvent apprendre les managers des arts martiaux ?
Les arts martiaux montrent qu'une tension excessive ne produit pas nécessairement davantage de puissance. Elle peut au contraire réduire la mobilité, la perception et la capacité d'adaptation. Pour un manager ou un entrepreneur, l'enjeu est similaire : mobiliser la force nécessaire sans ajouter une contraction qui limite sa disponibilité.
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FAQ Générale
Q1. "Dois-je connaître des techniques de respiration ?"
R. Non. Nous travaillons d’abord les qualités (fondations) ; les techniques deviennent alors plus efficaces.
Q2. "Est-ce compatible avec le sport ?"
R. Oui. Les qualités CARMIC améliorent l’efficience respiratoire et la récupération. Le sport n'est malheureusement pas suffisant en soi car il ne va qu'augmenter les compensations créées (mauvaise posture, mauvaise mobilité en apnée...) et on va vite atteindre son plafond de verre. Retrouver une respiration fonctionnelle dans le mouvement pour moins forcer va apporter plus de fluidité et donc plus de performance sportive.
Q3. "Combien de temps pour sentir une différence ?"
R. Souvent dans les 10 premières minutes, avec une consolidation progressive sur 12 semaines minimum pour des bénéfices pérennes (le temps de voir les 6 qualités en profondeur lors de mon accompagnement en ligne pour reprogrammer de plus en plus durablement votre système nerveux).
Q4 : "En quoi cette formation est-elle différente des vidéos gratuites sur YouTube ?"
R. Notre formation offre une approche structurée et progressive, couvrant de nombreuses façons de développer les 6 qualités d'une bonne respiration. Ensuite n'importe quelle technique deviendra efficace en fonction du but poursuivi. De plus, vous bénéficiez d'un suivi personnalisé impossible à obtenir avec des vidéos gratuites. Tout l'art est bien souvent dans la nuance. Mes professeurs d'arts martiaux insistaient souvent sur ce point : "le diable se cache dans les détails !"
Q5 : "Est-ce que la visio est aussi efficace que le présentiel ?"
R. Oui. Chaque formation est interactive, rythmée, et conçue pour que vous soyez actif·ve tout au long de la session. Vous vivrez des expérimentations concrètes, avec des temps de réflexion, d’échange, de mise en mouvement… même à distance. 2ième avantage : vous bénéficiez en plus de replays pour vous exercer de façon autonome qui doit être le but de toute transmission. 3ième avantage : le fait de vous entraîner chez vous, va créer les ancrages pour que la respiration soit votre outil numéro 1 dans tous les aspects de votre vie et pas seulement le temps d'une séance à l'extérieur...
Q6 : "j'ai une autre question ?"
R. Vous la trouverez sûrement ici : https://www.kaizenitude.fr/post/foire-aux-questions-faq-sur-la-respir-action ; et sinon, je reste à votre disposition à votre convenance pour tout renseignement complémentaire que vous jugerez utile (soit par mail ou par tél en prenant rdv sur ce site)




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