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Vous êtes solide. Mais êtes-vous devenu rigide ?

28 août
12 min de lecture

Temps de lecture 4 mns


Chez un entrepreneur ou un manager, la pression ne se manifeste pas seulement dans les pensées. Elle modifie aussi le corps : la mâchoire se serre, les épaules montent, le ventre se contracte et la respiration change. Observer ces réactions permet de distinguer la force réellement nécessaire pour agir de la tension que nous ajoutons involontairement à la situation.


Entreprendre, manager, ça demande de la solidité.


Décider sans avoir toutes les réponses. Tenir quand les résultats n’arrivent pas. Encaisser l’imprévu. Rassurer une équipe alors qu’on doute soi-même. Se relever après un échec et revenir le lendemain avec suffisamment d’énergie pour continuer.


Cette capacité-là, vous l’avez probablement construite avec les années. Moi aussi.


On apprend à tenir. Et il faut le reconnaître : c’est une vraie force. Sans elle, beaucoup de projets n’auraient jamais vu le jour, beaucoup d’équipes n’auraient pas traversé certaines périodes difficiles.


Mais j’ai fini par découvrir quelque chose d’un peu plus dérangeant : une force qui nous a beaucoup servi peut aussi, à un moment, commencer à nous desservir.


À force de tenir, on se tend. À force de vouloir maîtriser, on se contracte. À force de pousser, on perd en mobilité.


La solidité glisse vers la rigidité.


Et le plus troublant, c’est qu’on ne le voit pas forcément venir. Précisément parce que cette manière de faire nous a longtemps permis de réussir.


Quand ce qui a marché devient notre seule réponse


On apprend naturellement à reproduire ce qui fonctionne.


Une difficulté ? On travaille davantage. Un obstacle résiste ? On insiste. Une situation nous échappe ? On reprend le contrôle. La fatigue monte ? On tient encore un peu.

Et ça marche.


Souvent.


C’est bien tout le problème.


J’ai longtemps fonctionné comme ça. Le sport m’avait appris l’effort, la discipline, le dépassement de soi. L’entreprise a ensuite renforcé tout cela. Face à une difficulté, ma réponse était assez prévisible : avancer. Et si ça ne passait pas, pousser davantage.


Je ne voyais d’ailleurs pas vraiment pourquoi j’aurais fait autrement. Cette façon d’être m’avait plutôt réussi.


Puis les arts martiaux m’ont mis face à un paradoxe.


Je voulais produire un mouvement puissant. Alors, assez naturellement, j’y mettais de la force. Et plus j’y mettais de force, plus certaines parties de mon corps se contractaient : les épaules, les bras, la mâchoire, le ventre.


J’avais la sensation d’en faire davantage.


Mais pas forcément d’être plus efficace.


Il m’a fallu du temps pour comprendre que toute cette tension supplémentaire ne produisait pas nécessairement plus de puissance. Parfois, elle empêchait justement le mouvement que je cherchais à produire.


Ça m’a beaucoup questionné.


Parce que je me suis demandé si je ne faisais pas exactement la même chose dans ma vie professionnelle.


Le corps sait parfois avant nous


Vous pouvez en faire l’expérience maintenant.


Serrez le poing. Fort.


Puis serrez-le encore un peu plus.


À un moment, il ne se passe plus grand-chose, si ce n’est que votre bras se contracte davantage. Vous n’êtes pas plus disponible. Vous êtes juste plus rigide.


Le corps connaît très bien cette différence.


Quand on débute dans un art martial, on mobilise souvent beaucoup trop de muscles pour réaliser un mouvement. On pousse, on contracte, on retient. On dépense une énergie considérable parce qu’on veut absolument que ça marche.


Puis, avec l’expérience, quelque chose se transforme. Le mouvement devient plus simple. Certaines tensions disparaissent. On cesse progressivement de confondre engagement et contraction.


Et, paradoxe intéressant, la puissance peut augmenter.


Pas parce qu’on est devenu mou ou moins engagé. Parce qu’on est devenu plus disponible. Le corps peut accélérer, absorber, pivoter, changer de direction.

La détente n’a pas retiré la force. Elle lui a rendu sa mobilité.


C’est à partir de là que j’ai commencé à me poser une autre question : et si nous retrouvions exactement le même mécanisme quand nous entreprenons ou manageons ?


La rigidité ne ressemble pas toujours à de la rigidité


C’est sans doute ce qui la rend difficile à repérer.


Dans l’entreprise, elle peut même passer pour une qualité.


Être exigeant. Ne rien lâcher. Garder le contrôle. Répondre vite. Tenir la charge. Continuer malgré la fatigue.


Je ne dis pas qu’il faudrait arrêter tout cela. Il y a des moments où il faut décider vite, être ferme, insister ou fournir un effort supplémentaire.


Mais regardez simplement ce qui se passe en vous lorsque la pression monte.


Une mauvaise nouvelle tombe. Un collaborateur vous contredit en réunion. Un client important hésite. Votre hiérarchie remet en cause une décision sur laquelle vous avez beaucoup travaillé. Un projet dérape et il faut trancher rapidement.


Souvent, quelque chose se passe avant même qu’on ait réellement commencé à réfléchir.


La mâchoire se serre un peu. Les épaules remontent. La respiration devient plus courte. L’attention se resserre sur le problème.


Et notre premier réflexe est souvent d’ajouter quelque chose : davantage d’analyse, davantage de contrôle, davantage de vitesse, davantage de volonté.


Comme si toute difficulté appelait nécessairement un supplément de force.


Alors que, parfois, la situation aurait surtout besoin que nous retrouvions un peu de disponibilité.


Sous pression, on peut perdre l’accès à ce qu’on sait déjà


C’est probablement l’un des enseignements qui m’intéresse le plus aujourd’hui.


Un entrepreneur ou un manager expérimenté ne devient évidemment pas moins compétent parce qu’une situation est difficile. Son expérience est toujours là. Son intelligence aussi. Tout ce qu’il a appris au fil des années n’a pas disparu en quelques secondes.


Mais il peut y avoir momentanément moins accès.


Les arts martiaux rendent ce phénomène très concret. Quand je me contracte, je sens moins bien mon partenaire. Quand je veux absolument réussir une technique, j’ai tendance à ne plus voir les autres possibilités. Quand je me précipite, ma perception se rétrécit.


En entreprise, c’est plus discret parce que nous continuons à fonctionner.


On parle. On argumente. On répond aux mails. On conduit la réunion. On arbitre. On prend une décision.


Vu de l’extérieur, tout va bien.


Mais intérieurement, l’espace s’est parfois considérablement réduit.


Et c’est là, je crois, que la différence entre solidité et rigidité devient intéressante.


La solidité permet de rester présent quand la difficulté arrive. La rigidité nous enferme dans une seule manière d’y répondre.


Ce que les arts martiaux m’ont appris sur la fluidité


J’ai longtemps pensé les choses par oppositions.


Être fort ou être faible. Tenir ou lâcher. Être ferme ou être souple. Contrôler ou subir.


Les arts martiaux m’ont progressivement appris à chercher autre chose : la fluidité.

Le mot peut prêter à confusion. Être fluide ne signifie pas tout accepter, éviter les conflits ou devenir tellement détendu qu’on ne décide plus rien.


C’est même presque l’inverse.


La fluidité, telle que je la comprends aujourd’hui, consiste à conserver suffisamment de disponibilité pour pouvoir adapter sa réponse sans perdre son cap.


On peut dire non sans se fermer. Maintenir une décision tout en continuant à écouter. Traverser un désaccord sans immédiatement transformer l’autre en adversaire. Être ambitieux sans vivre sous tension permanente.


On peut être solide sans être rigide.


C’est une distinction qui paraît assez simple quand on la lit. Dans la vraie vie, quand un client appelle furieux ou qu’une réunion commence à déraper, elle l’est beaucoup moins.


Et c’est précisément là que la respiration a commencé à m’intéresser.


Manager sous pression passant de la tension à un état plus fluide grâce à l'attention portée à sa respiration.
Sous pression, le réflexe consiste souvent à ajouter de la force. Observer sa respiration permet d'abord de repérer la tension inutile et de retrouver davantage de fluidité dans l'action.

Et la respiration, dans tout ça ?


Pas parce qu’il suffirait de « bien respirer » pour résoudre les problèmes d’une entreprise ou d’une équipe.


Je me méfie même de cette idée.


Une respiration ne décidera jamais à votre place. Elle ne vous dira pas s’il faut recruter cette personne, maintenir un projet, recadrer un collaborateur ou accepter une proposition commerciale.


En revanche, votre respiration a une particularité : elle accompagne ce que vous vivez.


Elle change avec l’effort, la peur, la surprise, la concentration, la colère, la détente. Et elle change souvent avant même que nous ayons mis des mots sur ce qui se passe.


Avant que je me dise « là, je suis en train de me crisper », mon souffle l’a parfois déjà montré.


Il est devenu plus haut. Plus court. Moins mobile. Un peu irrégulier. Parfois, je l’ai même bloqué quelques secondes sans m’en rendre compte.


C’est là que la respiration devient intéressante.


Non pas comme une solution magique, mais comme une information.


Votre souffle ne vous dit pas quelle décision prendre. Il peut vous aider à remarquer depuis quel état vous êtes sur le point de la prendre.


Pour moi, cette différence change beaucoup de choses.


Essayez, la prochaine fois


La prochaine fois que vous rencontrerez une résistance dans votre journée, je vous propose de ne rien corriger.


Ne cherchez pas immédiatement à vous détendre. Ne cherchez même pas à « mieux respirer ».


Regardez simplement ce qui se passe.


Quand ce collaborateur vous contredit, quand le mail que vous attendiez n’est pas celui que vous espériez, quand un projet prend du retard ou qu’une décision vous met sous pression : quel est votre premier réflexe ?


Pousser davantage ? Accélérer ? Convaincre ? Contrôler ? Vous raidir ?


Puis, pendant quelques secondes, regardez aussi du côté du corps. La mâchoire. Les épaules. Le ventre. Et, bien sûr, la respiration.


Posez-vous simplement cette question :

Où la force est-elle réellement nécessaire dans cette situation… et où ai-je ajouté de la tension ?


Pas besoin de changer quoi que ce soit tout de suite.


Commencez simplement par faire la différence.


Parce qu’on ne peut relâcher que les tensions dont on a d’abord pris conscience.


Vous n’avez probablement pas besoin de devenir plus fort


C’est peut-être le paradoxe qui résume le mieux mon cheminement.


Les entrepreneurs et les managers que je rencontre manquent rarement de capacité à tenir. Ils savent travailler, décider, arbitrer, prendre leurs responsabilités et continuer lorsque les choses deviennent inconfortables.


Ils ont appris à être solides.


Vous aussi, probablement.


Alors la question qui m’intéresse aujourd’hui n’est plus vraiment : comment devenir encore plus fort ?


C’est plutôt :

comment rester solide sans devenir rigide lorsque la pression augmente ?


C’est là que commence, pour moi, le travail de la fluidité.


Il ne s’agit pas de devenir moins exigeant ou moins engagé. Il s’agit de conserver assez d’espace intérieur pour continuer à percevoir, décider et agir sans ajouter à chaque difficulté une tension dont elle n’avait pas besoin.


La force nous aide à traverser certains obstacles.


La fluidité nous évite de tous les transformer en épreuves de force.


Une question à garder avec vous cette semaine


Dans quelle situation utilisez-vous en ce moment davantage de force… alors qu’il vous faudrait peut-être davantage de fluidité ?


Et si une situation vous vient immédiatement à l’esprit, ne cherchez pas forcément à la résoudre.


Commencez par observer ce qu’elle fait à votre respiration.


Et si vous en faisiez l’expérience ?


On peut parler longtemps de tension, de disponibilité et de respiration. Mais il y a un moment où il vaut mieux sentir par soi-même.


J’ai donc préparé une courte expérience guidée. Une dizaine de minutes, simplement pour observer ce qui change lorsque vous accordez un peu d’attention à votre souffle : dans le corps, mais aussi dans votre état mental et émotionnel.


Il n’y a rien à réussir. Et vous n’avez pas besoin de savoir « bien respirer ».


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Et gardez peut-être cette question après l’expérience :

si quelques minutes suffisent déjà à modifier l’état depuis lequel vous regardez une situation, que se passerait-il si cette capacité devenait une compétence que vous pouviez mobiliser au cœur même de l’action ?


Le test force–tension


Face à une difficulté, je vous invite à faire une distinction très simple.
La force, c'est ce dont la situation a réellement besoin.
La tension, c'est ce que nous ajoutons lorsque nous cherchons à reprendre le contrôle.
L'une sert l'action. L'autre peut finir par la parasiter. Et la respiration est souvent l'un des endroits les plus simples où observer la différence.

En résumé :


Pourquoi devient-on plus rigide lorsque la pression augmente ?

Lorsque la pression augmente, nous avons souvent tendance à augmenter simultanément notre niveau d'effort et de contrôle. Le corps peut alors se contracter : mâchoire, épaules, ventre et respiration deviennent plus tendus. Le problème n'est pas la mobilisation nécessaire pour agir, mais la tension supplémentaire que nous ajoutons parfois à la situation.


Quelle différence entre être solide et être rigide ?

Être solide permet de supporter une contrainte tout en conservant sa capacité d'adaptation. Être rigide consiste davantage à répondre à la pression par davantage de contraction et de contrôle. Dans l'action, la solidité conserve de la mobilité ; la rigidité la réduit.


Pourquoi observer sa respiration lorsqu'on est sous pression ?

Parce que la respiration réagit rapidement à notre état. Une respiration plus courte, retenue ou contrainte peut accompagner une augmentation de la tension. L'observer permet donc de prendre conscience de l'état corporel et mental depuis lequel nous sommes en train de réagir ou de prendre une décision.


Faut-il chercher immédiatement à mieux respirer ?

Pas nécessairement. Vouloir immédiatement corriger sa respiration peut devenir une nouvelle forme de contrôle. Une première étape consiste simplement à observer ce qui se passe : où se situe la tension, comment la respiration réagit et quelle part de cet effort est réellement nécessaire.


La respiration peut-elle aider un manager à mieux décider sous pression ?

La respiration ne remplace ni l'analyse ni l'expérience. En revanche, apprendre à observer et à moduler son état respiratoire peut contribuer à retrouver davantage de disponibilité avant d'agir. L'enjeu n'est donc pas seulement de se calmer, mais de préserver sa capacité à percevoir, arbitrer et décider lorsque la pression augmente.


Qu'est-ce que la fluidité sous pression ?

La fluidité ne signifie pas être passif ou détendu en permanence. Elle désigne la capacité à mobiliser le niveau de force nécessaire tout en conservant suffisamment de souplesse pour s'adapter à ce qui se passe. Elle permet d'agir sans transformer systématiquement chaque difficulté en épreuve de force.


Comment commencer à développer cette capacité ?

Commencez par observer une situation réelle de votre quotidien professionnel. Repérez ce qui se passe dans la mâchoire, les épaules, le ventre et la respiration. Puis posez-vous cette question : « Où la force est-elle nécessaire, et où ai-je ajouté de la tension ? » Cette capacité d'observation constitue déjà une première étape.


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FAQ Générale


Q1. "Dois-je connaître des techniques de respiration ?"


R. Non. Nous travaillons d’abord les qualités (fondations) ; les techniques deviennent alors plus efficaces.


Q2. "Est-ce compatible avec le sport ?"


R. Oui. Les qualités CARMIC améliorent l’efficience respiratoire et la récupération. Le sport n'est malheureusement pas suffisant en soi car il ne va qu'augmenter les compensations créées (mauvaise posture, mauvaise mobilité en apnée...) et on va vite atteindre son plafond de verre. Retrouver une respiration fonctionnelle dans le mouvement pour moins forcer va apporter plus de fluidité et donc plus de performance sportive.


Q3. "Combien de temps pour sentir une différence ?"


R. Souvent dans les 10 premières minutes, avec une consolidation progressive sur 12 semaines minimum pour des bénéfices pérennes (le temps de voir les 6 qualités en profondeur lors de mon accompagnement en ligne pour reprogrammer de plus en plus durablement votre système nerveux).


Q4 : "En quoi cette formation est-elle différente des vidéos gratuites sur YouTube ?"


R. Notre formation offre une approche structurée et progressive, couvrant de nombreuses façons de développer les 6 qualités d'une bonne respiration. Ensuite n'importe quelle technique deviendra efficace en fonction du but poursuivi. De plus, vous bénéficiez d'un suivi personnalisé impossible à obtenir avec des vidéos gratuites. Tout l'art est bien souvent dans la nuance. Mes professeurs d'arts martiaux insistaient souvent sur ce point : "le diable se cache dans les détails !"


Q5 : "Est-ce que la visio est aussi efficace que le présentiel ?"


R. Oui. Chaque formation est interactive, rythmée, et conçue pour que vous soyez actif·ve tout au long de la session. Vous vivrez des expérimentations concrètes, avec des temps de réflexion, d’échange, de mise en mouvement… même à distance. 2ième avantage : vous bénéficiez en plus de replays pour vous exercer de façon autonome qui doit être le but de toute transmission. 3ième avantage : le fait de vous entraîner chez vous, va créer les ancrages pour que la respiration soit votre outil numéro 1 dans tous les aspects de votre vie et pas seulement le temps d'une séance à l'extérieur...


Q6 : "j'ai une autre question ?"


R. Vous la trouverez sûrement ici : https://www.kaizenitude.fr/post/foire-aux-questions-faq-sur-la-respir-action ; et sinon, je reste à votre disposition à votre convenance pour tout renseignement complémentaire que vous jugerez utile (soit par mail ou par tél en prenant rdv sur ce site)

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