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Avant de répondre à ce message qui vous agace, observez ceci pendant 30 secondes

il y a 11 minutes
11 min de lecture

Il suffit parfois de quelques mots, un mail un peu sec, un message WhatsApp envoyé sans formule, une remarque d’un collaborateur que vous trouvez injuste, un client qui remet en cause quelque chose que vous pensiez acquis. Et immédiatement, quelque chose se passe, pas seulement dans votre tête : votre mâchoire se serre légèrement, votre ventre se contracte, votre respiration change. Et presque simultanément, une réponse commence à se construire.


Vous n’avez peut-être même pas terminé de lire le message que vous savez déjà ce que vous allez répondre. Je connais bien ce moment. Et j’ai appris à m’en méfier, non pas parce que ma première réaction est nécessairement mauvaise, mais parce qu’à cet instant précis, je ne sais pas encore si je suis en train de répondre à la situation… ou à ce qu’elle vient de provoquer en moi.


La différence peut tenir à quelques secondes. Et parfois, elle change toute la suite de la conversation.


Temps de lecture 4 mns


Le message ne dure que quelques secondes. Ses conséquences parfois beaucoup plus longtemps.


Que l'on soit entrepreneurs, dirigeants, managers, nous passons une partie considérable de nos journées à communiquer.


Nous expliquons, nous demandons, nous négocions, nous recadrons, nous répondons à des objections, nous essayons de résoudre des désaccords.


Et aujourd’hui, une grande partie de ces échanges passe par l’écrit. C’est pratique.


Mais il manque quelque chose d’essentiel : une grande partie des informations qui nous permettraient normalement d’interpréter correctement ce que l’autre veut nous dire.

  • Pas de regard.

  • Pas de voix.

  • Pas de posture.

  • Pas toujours le contexte dans lequel le message a été écrit.


Alors notre cerveau fait ce qu’il peut : il complète.

« Il me parle vraiment comme ça ? »

« Après tout ce que j’ai fait… »

« Il remet encore ma décision en cause. »

« Elle aurait quand même pu faire un effort. »

« Il essaie de me mettre la pression. »


Peut-être.

Ou peut-être pas.


Le problème n’est pas que nous interprétions. Nous ne pouvons pas faire autrement.

Le problème commence lorsque nous oublions que nous sommes en train d’interpréter.


Notre corps a parfois commencé à répondre avant nous


Dans l’article précédent, je vous proposais de distinguer trois choses avant une décision difficile : ce que je sais, ce que je suppose et ce que je ressens.


Je trouve cette distinction tout aussi intéressante dans nos relations.


Parce qu’avant même d’avoir formulé notre analyse, notre corps a parfois déjà réagi.


Essayez de vous observer la prochaine fois que vous recevez un message qui vous déplaît. Vous sentez peut-être votre mâchoire se contracter, votre respiration devenir plus courte, votre ventre se figer, vos épaules avancer légèrement. Parfois même, vous relisez immédiatement la phrase qui vous a contrarié, puis encore une fois, comme si tout le message venait soudain de se réduire à ces quelques mots.


C’est fascinant, et très humain.


Le problème, encore une fois, n’est pas cette réaction.


Elle a peut-être quelque chose d’important à nous dire.


Cette colère peut signaler une limite franchie.

Cet agacement peut révéler une situation que nous acceptons depuis trop longtemps.

Cette inquiétude peut attirer notre attention sur un risque réel.


Ce serait donc une erreur de chercher immédiatement à faire disparaître tout cela à coups de « grandes respirations ».


La question est plutôt : comment entendre ce que ma réaction vient me dire sans la laisser écrire la réponse à ma place ?


Dans les arts martiaux, le premier mouvement n’est pas toujours celui que l’on croit


Pendant longtemps, dans ma pratique des arts martiaux, j’ai associé la rapidité à la capacité de réagir vite.


Quelqu’un attaque, je réponds.


Puis avec l’expérience, j’ai compris quelque chose de plus subtil.

Réagir vite n’est pas toujours répondre juste.


Face à une attaque, le corps peut se crisper avant même le contact. On se prépare tellement à ce que l’on pense devoir affronter que l’on perd une partie de sa mobilité.

Et parfois, cette tension nous fait utiliser beaucoup plus de force que la situation n’en nécessitait.


Ce que l’on apprend progressivement, ce n’est donc pas à ne plus réagir. C’est à ne pas ajouter immédiatement notre propre tension à celle qui arrive.


Je retrouve exactement la même chose dans certaines conversations professionnelles :

  • Un collaborateur m’envoie un message tendu.

  • Un client est agressif.

  • Un partenaire conteste une décision.


Il y a déjà une tension dans la relation.


Si j’y ajoute instantanément la mienne, nous sommes maintenant deux à alimenter le mouvement.


Et quelques minutes plus tard, nous ne discutons parfois même plus du problème initial. Nous discutons de la manière dont chacun a réagi à la réaction de l’autre.


Entre le message et la réponse, il existe un espace


Je ne vais pas vous proposer d’attendre systématiquement vingt-quatre heures avant de répondre à un mail difficile.


Ce serait assez peu compatible avec la vraie vie d’un entrepreneur ou d’un manager. Et parfois, il faut répondre vite.


En revanche, trente secondes sont souvent possibles.


Il ne s'agit pas de devenir zen, ou de relativiser artificiellement, encore moins de vous convaincre que l’autre a raison, mais simplement de vérifier qui est sur le point de répondre :

  • Votre discernement ?

  • Votre colère ?

  • Votre peur ?

  • Votre ego ?

  • Votre besoin de vous justifier ?

  • Votre envie d’en finir ?


Et je précise quelque chose qui me semble important : si vous êtes en colère, il ne s’agit pas de vous raconter que vous ne devriez pas l’être. Peut-être avez-vous d’excellentes raisons. Mais une émotion peut être parfaitement légitime et malgré tout que la première action qu’elle nous propose ne soit pas nécessairement la meilleure.


C’est là que la disponibilité dont je vous parle depuis plusieurs semaines devient intéressante. Être disponible ne signifie pas être calme à tout prix. Cela signifie rester suffisamment ouvert pour pouvoir encore choisir.


Essayez ceci pendant 30 secondes


La prochaine fois qu’un message vous agace, ne répondez pas immédiatement. Mais ne cherchez pas non plus à vous calmer.


Pendant quelques secondes, regardez simplement ce qui se passe.


1. Qu’est-ce qui s’est passé dans mon corps ?


Mâchoire ? Ventre ? Épaules ? Respiration ?

Ne corrigez rien.

Observez.


2. Qu’est-ce que je sais réellement ?


Quels sont les faits contenus dans ce message ?

Seulement les faits.


3. Qu’est-ce que j’ai ajouté ?


Une intention ?

Un jugement ?

Une anticipation ?

« Il me manque de respect. »

« Elle cherche à me mettre en difficulté. »

« Il ne m’écoute jamais. »


Peut-être que votre interprétation est juste. Mais pour l’instant, reconnaissez simplement qu’il s’agit d’une interprétation.


4. Qu’est-ce que ma réaction cherche à me dire ?


Une limite doit-elle être posée ?

Une clarification demandée ?

Une inquiétude entendue ?

Une conversation que vous repoussez depuis trop longtemps doit-elle enfin avoir lieu ?


Puis seulement, posez-vous cette dernière question :

« Quelle réponse servira le mieux ce qui compte réellement pour moi dans cette situation ? »


Surtout pas :

  • « Comment puis-je être gentil ? »

  • « Comment puis-je éviter le conflit ? »

  • « Comment puis-je me calmer ? »


Mais : qu’est-ce que je cherche réellement à préserver, obtenir ou faire évoluer dans cette relation ?


À ce moment-là, vous pouvez répondre. Et votre réponse sera peut-être exactement celle que vous aviez envie d’envoyer trente secondes auparavant.


C'est très bien aussi. La différence est que vous l’aurez choisie et qu'l vous faudra l'assumer.


Parfois, la bonne réponse reste ferme


Je tiens beaucoup à ce point. Parce qu’à force de parler de respiration, de disponibilité et de fluidité, on pourrait imaginer qu’il faudrait devenir plus conciliant.


Ce n’est absolument pas ce que je veux dire.


Dans certaines situations, retrouver de la disponibilité permet justement de dire un non beaucoup plus clairement, de recadrer quelqu’un, de poser une limite, de mettre fin à une collaboration, d’exprimer un désaccord sans l’enrober dans quinze précautions.


La fluidité n’est pas la mollesse.


Dans les arts martiaux, être détendu ne signifie pas abandonner sa structure.


Au contraire, on cherche à enlever les tensions inutiles pour pouvoir mobiliser la force nécessaire, au bon endroit, au bon moment.


Je crois qu’il en va de même dans nos relations professionnelles.


Moins de tension inutile ne signifie pas moins de fermeté.


Cela peut même permettre une fermeté beaucoup plus juste.


Répondre à un message agaçant sans perdre son discernement
Entre le message reçu et notre réponse, quelques secondes peuvent suffire pour distinguer ce qui s’est passé de ce que nous avons interprété.

La respiration ne sert pas à avaler ce que vous ressentez


C’est peut-être le point sur lequel ma propre vision de la respiration a le plus évolué.


On nous propose souvent de respirer pour nous calmer. Et parfois, c’est exactement ce dont nous avons besoin.


Mais je trouve cette vision trop limitée.


Parce que si je respire simplement pour faire disparaître mon agacement afin de pouvoir supporter encore une situation qui ne me convient pas, je ne suis pas certain de me rendre service.


La respiration ne devrait pas nous aider à mieux tolérer ce que nous avons besoin de changer.


Elle peut en revanche nous permettre de retrouver suffisamment d’espace pour interroger ce qui nous arrive.


Qu’est-ce que cet agacement me dit ?

Qu’est-ce qui m’appartient ?

Qu’est-ce qui appartient à l’autre ?

Qu’est-ce qui demande à être accepté ?

Et qu’est-ce qui demande au contraire à être changé ?


C’est là que la respiration devient, pour moi, beaucoup plus intéressante qu’un simple outil de détente. Elle ne fait pas taire le signal. Elle peut nous aider à mieux l’entendre.


Une question à garder avec vous cette semaine


La prochaine fois qu’une personne vous agace, vous contredit ou vous met sous pression, observez ce qui se passe avant votre réponse.


Et posez-vous simplement cette question :

« Est-ce que je suis en train de répondre à cette personne… ou à ce que cette personne vient de déclencher en moi ? »


Vous n’aurez peut-être besoin que de trente secondes, pas nécessairement pour répondre moins fort, mais peut-être pour répondre plus juste.


Vous voulez expérimenter cette différence ?


Si vous souhaitez expérimenter ce que quelques minutes d’attention portée à votre respiration peuvent changer dans votre état intérieur, je vous propose une courte expérience guidée : une dizaine de minutes. Il n'y a rien à réussir, rien à performer.


Et surtout, il ne s’agit pas de faire disparaître ce que vous ressentez. Il s’agit de retrouver davantage de disponibilité pour pouvoir mieux l’écouter et choisir ce que vous voulez en faire.


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Puis, lors de votre prochain échange difficile, voyez si vous pouvez retrouver un peu de cet espace avant de répondre.


Questions fréquentes


Comment répondre à un mail qui m’agace au travail ? 


Avant de répondre, distinguez les faits contenus dans le message, l’interprétation que vous en faites et ce que vous ressentez. Quelques secondes d’observation peuvent suffire pour éviter qu’une réaction immédiate ne rédige la réponse à votre place.


Faut-il attendre avant de répondre à un message agressif ? 


Pas nécessairement longtemps. Certaines situations demandent une réponse rapide. L’enjeu est surtout de retrouver suffisamment de disponibilité pour choisir sa réponse plutôt que de réagir automatiquement.


Respirer permet-il de contrôler ses émotions ? 


Ce n’est pas l’objectif proposé ici. Observer sa respiration peut aider à prendre conscience de son état intérieur. Il ne s’agit pas de supprimer une émotion, mais de retrouver suffisamment de disponibilité pour écouter ce qu’elle signale et décider comment agir.


Comment gérer sa colère au travail sans la réprimer ? 


Une première étape consiste à reconnaître la colère et à chercher ce qu’elle signale : une limite franchie, une injustice perçue, une frustration ou un besoin non satisfait. Reconnaître ce signal ne signifie pas devoir suivre automatiquement l’action qu’il suggère.


Être calme permet-il de mieux gérer un conflit ? 


Le calme peut aider, mais il n’est pas indispensable. L’enjeu est surtout de rester suffisamment disponible pour écouter, percevoir plusieurs options et choisir son action. On peut être en colère et conserver cette capacité.


Pourquoi la respiration change-t-elle sous pression ? 


Notre respiration accompagne les variations de notre état physique et émotionnel. La remarquer peut donc devenir un indicateur pratique de la contraction qui apparaît dans une situation professionnelle tendue.


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Pour aller plus loin sur chaque qualité :

  • Article #2Centrée : ancrer la voix et la décision (guide express + cas concrets).

  • Article #3Ample : retrouver de l’espace émotionnel (sans forcer).

  • Article #4Régulière : devenir votre propre métronome.

  • Article #5Mobile : respiration circulaire et continuité de présence.

  • Article #6Invisible : puissance tranquille, zéro sur-effort.

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Vous pouvez accéder gratuitement au replay de ma conférence : https://www.kaizenitude.fr/challenge-page/le_souffle_comme_allie_6_qualites


et bénéficier des Bonus : fiche “6 qualités CARMIC” + rituel des 3 temps (protocole de respiration 3 minutes) pour faire face à des situations difficiles.


Possibilité de vous inscrire également à une seule session gratuite ici pour assister à la prochaine séance collective du dimanche (présence obligatoire car sans replay) : https://www.kaizenitude.fr/product-page/d%C3%A9couverte-seance-respir-action-en-visio-pour-dirigeants-managers-sous-pression)


FAQ Générale


Q1. "Dois-je connaître des techniques de respiration ?"


R. Non. Nous travaillons d’abord les qualités (fondations) ; les techniques deviennent alors plus efficaces.


Q2. "Est-ce compatible avec le sport ?"


R. Oui. Les qualités CARMIC améliorent l’efficience respiratoire et la récupération. Le sport n'est malheureusement pas suffisant en soi car il ne va qu'augmenter les compensations créées (mauvaise posture, mauvaise mobilité en apnée...) et on va vite atteindre son plafond de verre. Retrouver une respiration fonctionnelle dans le mouvement pour moins forcer va apporter plus de fluidité et donc plus de performance sportive.


Q3. "Combien de temps pour sentir une différence ?"


R. Souvent dans les 10 premières minutes, avec une consolidation progressive sur 12 semaines minimum pour des bénéfices pérennes (le temps de voir les 6 qualités en profondeur lors de mon accompagnement en ligne pour reprogrammer de plus en plus durablement votre système nerveux).


Q4 : "En quoi cette formation est-elle différente des vidéos gratuites sur YouTube ?"


R. Notre formation offre une approche structurée et progressive, couvrant de nombreuses façons de développer les 6 qualités d'une bonne respiration. Ensuite n'importe quelle technique deviendra efficace en fonction du but poursuivi. De plus, vous bénéficiez d'un suivi personnalisé impossible à obtenir avec des vidéos gratuites. Tout l'art est bien souvent dans la nuance. Mes professeurs d'arts martiaux insistaient souvent sur ce point : "le diable se cache dans les détails !"


Q5 : "Est-ce que la visio est aussi efficace que le présentiel ?"


R. Oui. Chaque formation est interactive, rythmée, et conçue pour que vous soyez actif·ve tout au long de la session. Vous vivrez des expérimentations concrètes, avec des temps de réflexion, d’échange, de mise en mouvement… même à distance. 2ième avantage : vous bénéficiez en plus de replays pour vous exercer de façon autonome qui doit être le but de toute transmission. 3ième avantage : le fait de vous entraîner chez vous, va créer les ancrages pour que la respiration soit votre outil numéro 1 dans tous les aspects de votre vie et pas seulement le temps d'une séance à l'extérieur...


Q6 : "j'ai une autre question ?"


R. Vous la trouverez sûrement ici : https://www.kaizenitude.fr/post/foire-aux-questions-faq-sur-la-respir-action ; et sinon, je reste à votre disposition à votre convenance pour tout renseignement complémentaire que vous jugerez utile (soit par mail ou par tél en prenant rdv sur ce site)

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