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Sous pression, votre problème n’est peut-être pas la décision… mais l’état depuis lequel vous la prenez

il y a 12 minutes
13 min de lecture

Je vois beaucoup d'entreprenants, dirigeants, managers avoir parfois du mal à prendre une décision. Pourtant sur le papier, ils ont tout ce qu’il faut : les informations, l’expérience, les arguments pour et contre. Et ce n'est pas une heure d’analyse supplémentaire qui va changer les choses. Et malgré tout, ils hésitent encore, cherchent un chiffre de plus, un avis supplémentaire, une certitude que, bien sûr, personne ne pourra leur donner.

En réalité, il ne s'agit pas d'un problème de décision.

C'est souvent un problème d’état : ils sont tendus sans forcément s'en rendre compte.

Et depuis cet état-là, ils cherchent moins à prendre la décision la plus juste qu’à faire disparaître l’inconfort de devoir décider sans être certain. Et ils reculent le moment ou se précipitent.

La différence peut sembler subtile.

Je crois aujourd’hui qu’elle est immense.


Temps de lecture 4 mns


Nous cherchons souvent la bonne décision au mauvais endroit


Tous les entreprenants, dirigeants et managers passent une bonne partie de leur vie professionnelle à décider.


Certaines décisions sont presque automatiques. D’autres nous accompagnent pendant plusieurs jours.


Recruter ou attendre, recadrer ou laisser encore une chance, accepter un projet, ou en arrêter un autre, déléguer, ou investir, dire non à un client, maintenir une décision malgré les résistances... c'est leur lot quotidien.


Et lorsqu’une décision devient difficile, notre réflexe est assez logique : nous cherchons davantage d’informations : on analyse, on compare, on demande conseil. Tout cela est évidemment utile.


Mais il existe un moment où l’information supplémentaire ne change plus grand-chose.


Vous connaissez peut-être ce moment. Au fond, vous avez déjà compris l’essentiel de la situation. Pourtant, quelque chose en vous refuse encore de trancher, ou, au contraire, veut trancher très vite, comme pour se débarrasser de la difficulté de décider.


C’est là que j’ai commencé à m’intéresser à une question que l’on pose beaucoup moins souvent :

Dans quel état suis-je en train de décider ?


La même situation, deux états, deux lectures


Repensez à un mail qui vous a agacé.


Il n'y a pas besoin d’aller chercher très loin, normalement.


Vous le lisez une première fois alors que vous êtes fatigué, pressé, déjà contrarié par autre chose. Le ton vous paraît sec. Une phrase vous accroche. Vous commencez à imaginer ce que l’autre a voulu dire. Peut-être même ce qu’il pense de vous.


Et une réponse commence déjà à se construire dans votre tête.


Maintenant, imaginez que vous relisiez exactement le même message le lendemain matin, après une bonne nuit, sans urgence particulière.


Les mots n’ont pas changé. Mais votre lecture, elle, peut être différente. Cette phrase qui vous semblait agressive devient peut-être simplement maladroite. Vous voyez une autre interprétation possible. Ou vous maintenez exactement votre première analyse, mais sans ressentir le besoin de répondre immédiatement.


Le mail est le même. Vous êtes différent.


Nous aimons croire que nous regardons les situations telles qu’elles sont. En réalité, nous les regardons toujours, au moins en partie, depuis l’état dans lequel nous nous trouvons.


Je n’échappe évidemment pas à cette règle. Personne n’y échappe.


Quand l’espace intérieur se rétrécit


Dans mon article précédent, je vous proposais d’observer ces petites « apnées » qui apparaissent parfois au cours d’une journée : un mail difficile, un désaccord, une décision, un chiffre qui inquiète.


La respiration se raccourcit, le ventre se fige, la mâchoire se serre.


Ce qui m’intéresse ici, c’est la suite.


Parce que cette contraction ne reste pas gentiment cantonnée aux épaules ou à la respiration.


Lorsque nous nous contractons, notre attention a tendance à se resserrer elle aussi et nous perdons la liberté du choix.


Dans les arts martiaux, c’est très facile à observer. Quand un débutant se sent menacé, son regard se fixe souvent sur l’attaque. Il veut contrôler ce qui arrive. Il se crispe, anticipe et finit parfois par ne plus percevoir tout le reste.


Or plus son champ se rétrécit, moins il est capable de s’adapter.


Il voit très bien une chose. Il voit simplement moins bien tout le reste.


J’ai mis du temps à comprendre à quel point cela pouvait aussi se produire dans l’entreprise.


Sous pression, nous pouvons nous focaliser tellement fort sur le problème que nous cessons momentanément de voir une partie de la situation.


Ce n'est pas parce que nous sommes devenus moins intelligents, mais parce que notre disponibilité s’est réduite.


L’expérience n’immunise pas contre la contraction


C’est peut-être même ce qui rend le phénomène trompeur chez les entreprenants, les dirigeants et les managers expérimentés.


Nous avons des outils, des méthodes, des années d’expérience. Nous savons argumenter, analyser, décider.


Et tout cela semble continuer à fonctionner même lorsque nous sommes sous tension :


  • Je peux être contracté et produire un raisonnement qui paraît parfaitement cohérent.

  • Je peux être agacé et construire d’excellents arguments pour démontrer que j’ai raison.

  • Je peux avoir peur et appeler cela de la prudence.

  • Je peux vouloir tout contrôler et appeler cela de la rigueur.

  • Je peux refuser de changer de direction et appeler cela de la persévérance.


C’est inconfortable à reconnaître.


Mais notre intelligence peut parfois devenir l’avocate d’un état intérieur que nous n’avons pas encore identifié.


Elle trouve de très bonnes raisons à ce que notre peur, notre ego ou notre besoin de contrôle avaient déjà commencé à décider.


Cela ne signifie évidemment pas qu’il faudrait se méfier de la raison.


Cela signifie simplement que la qualité d’une décision ne dépend pas seulement de la qualité de notre réflexion. Elle dépend aussi de la disponibilité depuis laquelle cette réflexion peut s’exercer.


Ce que les arts martiaux m’ont appris avant de décider


Dans un combat, vouloir décider à l’avance de la technique que l’on va utiliser est rarement une bonne idée.


Si je me dis : « À la prochaine attaque, je fais ceci », une partie de mon attention est déjà enfermée dans ma solution. Je ne réponds plus complètement à ce qui arrive. J’attends que la réalité corresponde à ce que j’avais prévu.


Les pratiquants expérimentés développent autre chose : une capacité à rester suffisamment disponibles pour percevoir avant d’agir.


Ce n’est pas de la passivité. Ils peuvent agir extrêmement vite. Mais vitesse et précipitation sont deux choses différentes.


Cette distinction m’a beaucoup accompagné dans ma vie professionnelle :

peut-on agir vite sans être intérieurement précipité ?


Je crois que oui. Et, paradoxalement, cela commence parfois par quelques secondes pendant lesquelles on accepte de ne pas encore savoir ce que l’on va faire.


La respiration ne prend aucune décision à votre place


C’est probablement ici que l’on pourrait être tenté de chercher également une technique : « Très bien, alors comment faut-il respirer avant une décision importante ? »


Je pourrais vous donner des exercices. Mais ce n’est pas encore la question qui m’intéresse. Parce que si nous transformons immédiatement la respiration en outil destiné à supprimer l’inconfort, nous risquons de reproduire notre vieux réflexe : il y a quelque chose qui me dérange, donc je dois le corriger, ce qui va émousser les messages de mon corps (je peux ne pas écouter mes peurs, mon instinct naturel...).


Je préfère commencer autrement.

Votre respiration peut vous permettre de remarquer votre état.

C’est déjà beaucoup.


Avant de répondre, de trancher ou de lancer une nouvelle analyse, observer pendant quelques secondes :

  • Est-ce que je retiens mon souffle ?

  • Est-ce que mon ventre est figé ?

  • Est-ce que ma respiration est encore mobile ?

  • Est-ce que je suis disponible pour entendre quelque chose qui ne va pas dans mon sens ?


Cette dernière question est peut-être la plus intéressante.


Parce qu’un état intérieur disponible n’est pas nécessairement un état calme.

  • On peut être inquiet et disponible.

  • En colère et encore capable d’écouter.

  • Sous pression et capable de discerner.


L’objectif n’est pas de devenir impassible. Il est de ne pas laisser notre contraction décider avant nous.


Entrepreneur ou manager face à une décision difficile sous pression, observant son état intérieur
Prendre une décision sous pression sans perdre son discernement

Une expérience pour votre prochaine décision difficile


La prochaine fois que vous devez prendre une décision qui compte, essayez ceci avant de chercher une nouvelle information.


Pas pendant vingt minutes, trente secondes peuvent suffire.


Commencez par distinguer trois choses :


Ce que je sais.

Les faits, ce qui est réellement établi.


Ce que je suppose.

Les intentions que je prête aux autres, ce que j’imagine qu’il va se passer, les scénarios que mon esprit a construits.


Ce que je ressens.

De l’inquiétude, de l’agacement, de l’enthousiasme, la peur de décevoir, l’envie que cette décision soit enfin derrière moi.


Puis observez votre respiration, sans la modifier. Et demandez-vous :

Si je n’avais pas besoin de faire disparaître immédiatement ce que je ressens, est-ce que je regarderais cette décision de la même manière ?


Puis posez-vous une dernière question :

Quel(s) ajustement(s) me réclament mes ressentis pour me sentir vraiment mieux durablement ?


Je ne peux évidemment pas vous promettre que la bonne réponse apparaîtra. Parfois, vous serez toujours aussi indécis. Mais vous aurez peut-être séparé deux problèmes qui étaient jusque-là mélangés : la décision à prendre et l’état intérieur depuis lequel vous essayiez de la prendre.


Et cela change déjà beaucoup de choses.


Toutes les décisions ne demandent pas d’être calme


Je tiens à le préciser parce que la recherche permanente du calme peut elle aussi devenir un piège.


La vie d’un entreprenant, d'un dirigeant ou d’un manager n’est pas un monastère.


Il y a des urgences, des conflits, des journées trop chargées, des décisions que l’on préférerait ne pas avoir à prendre.


Vous ne serez pas toujours parfaitement reposé, centré et serein.


Comme moi, d'ailleurs, je vous l'avoue.


Et attendre d’être dans un état idéal avant d’agir serait parfois une excellente manière de ne jamais agir.


L’enjeu est ailleurs.


Il s’agit de développer progressivement la capacité à voir son propre état sans être entièrement gouverné par lui :


  • à sentir la peur sans lui donner automatiquement le volant mais comprendre ce qu'elle vient nous dire.

  • à percevoir l’agacement avant qu’il ne rédige le mail pour ne pas perdre d'autres perspectives possibles.

  • à reconnaître le besoin de contrôle avant qu’il ne transforme une décision en dix réunions supplémentaires.


C’est moins spectaculaire qu’une méthode de prise de décision en cinq étapes. Mais dans la vraie vie, je trouve cela beaucoup plus utile.


Gouverner son état intérieur


Pendant longtemps, j’ai pensé que gouverner consistait surtout à agir sur ce qui était à l’extérieur : le projet, l’équipe, les objectifs, les résultats, les problèmes à résoudre.


Je continue évidemment à le penser : entreprendre et manager, c’est agir sur le réel.


Mais il manque une partie de l’équation. Parce qu’avant de gouverner une situation, nous arrivons toujours avec un état intérieur.


Et cet état participe à ce que nous allons voir, entendre et décider.


Nous ne contrôlons pas tout ce qui nous arrive. Nous ne contrôlons pas non plus toutes nos réactions. Mais nous pouvons apprendre à les reconnaître plus tôt.


C’est là, pour moi, que la respiration prend une dimension différente.


Elle n’est plus seulement quelque chose que l’on utilise pour « se calmer ».


Elle devient une porte d’entrée vers une compétence plus large : la capacité à gouverner son état intérieur pour rester disponible au cœur de l’action.


Et peut-être qu’une partie du discernement commence exactement là. Non pas lorsque nous avons enfin toutes les réponses, mais lorsque nous retrouvons suffisamment d’espace pour voir celles qui étaient déjà devant nous.


Une question à garder avec vous cette semaine


Pensez à une décision que vous avez à prendre en ce moment.


Puis, avant de vous demander une nouvelle fois :

« Qu’est-ce que je dois faire ? »


essayez une autre question :

« Dans quel état suis-je en train d’essayer de décider ? »


Vous serez peut-être surpris de voir que la seconde éclaire parfois la première.


Vous voulez expérimenter cette différence ?


On comprend assez facilement, intellectuellement, que notre état influence notre manière de regarder une situation. Le ressentir est autre chose.


Je vous propose donc une courte expérience guidée autour de votre respiration. Une dizaine de minutes pour observer ce qui change lorsque vous cessez simplement de fonctionner en pilote automatique et redonnez un peu d’espace à votre souffle. Il n'y a rien à réussir, rien à performer, juste à observer.


N'oubliez pas : il ne s'agit pas d'ignorer ce que vous ressentez mais de vous remettre dans l'état pour mieux interroger ce que vous vivez.


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Puis revenez, si vous le souhaitez, à cette décision qui vous occupait avant l’expérience.

Ne cherchez pas nécessairement une nouvelle réponse.

Regardez simplement si vous la voyez exactement de la même manière.


Questions fréquentes


Comment la pression influence-t-elle la prise de décision ?


Sous pression, notre attention peut se resserrer et certaines réactions émotionnelles prendre davantage de place. Nous conservons nos compétences et notre expérience, mais notre état intérieur peut modifier la manière dont nous percevons la situation et accédons à nos ressources.


Pourquoi observer sa respiration avant une décision importante ?


La respiration accompagne notre état physique et émotionnel. L’observer permet parfois de repérer une contraction, une précipitation ou une tension avant d’agir. Elle ne donne pas la bonne décision : elle renseigne sur l’état depuis lequel nous sommes en train de décider pour ne pas nous précipiter ou au contraire trop retarder ce qui doit être tranché.


Faut-il être calme pour prendre une bonne décision ?


C'est souvent mieux. Mais un entrepreneur ou un manager doit régulièrement décider dans l’incertitude, l’urgence ou l’inconfort. L’enjeu n’est pas d’atteindre un calme parfait, mais de rester suffisamment disponible pour ne pas être entièrement gouverné par sa réaction immédiate. Etre disponible, c'est conserver une écoute dynamique : qu’est-ce que je dois ajuster pour moi, ici, maintenant ? Cette capacité à discerner ce qui nous convient réellement me paraît infiniment plus efficiente qu’une discipline intérieure construite autour d’un état idéal.


Comment prendre du recul avant une décision difficile ?


Une première approche consiste à distinguer ce que vous savez réellement, ce que vous supposez et ce que vous ressentez. Puis observez quelques instants votre état corporel et votre respiration avant de poursuivre votre réflexion.


Quel est le lien entre respiration et discernement ?


La respiration ne crée pas le discernement à elle seule. Elle peut cependant aider à prendre conscience de son état intérieur et à repérer les moments où la contraction réduit notre disponibilité. Retrouver de l’espace intérieur peut alors créer de meilleures conditions pour percevoir et décider, tout en conservant la flexibilité nécessaire en fonction de l'évolution des circonstances.


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Vous pouvez accéder gratuitement au replay de ma conférence : https://www.kaizenitude.fr/challenge-page/le_souffle_comme_allie_6_qualites


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FAQ Générale


Q1. "Dois-je connaître des techniques de respiration ?"


R. Non. Nous travaillons d’abord les qualités (fondations) ; les techniques deviennent alors plus efficaces.


Q2. "Est-ce compatible avec le sport ?"


R. Oui. Les qualités CARMIC améliorent l’efficience respiratoire et la récupération. Le sport n'est malheureusement pas suffisant en soi car il ne va qu'augmenter les compensations créées (mauvaise posture, mauvaise mobilité en apnée...) et on va vite atteindre son plafond de verre. Retrouver une respiration fonctionnelle dans le mouvement pour moins forcer va apporter plus de fluidité et donc plus de performance sportive.


Q3. "Combien de temps pour sentir une différence ?"


R. Souvent dans les 10 premières minutes, avec une consolidation progressive sur 12 semaines minimum pour des bénéfices pérennes (le temps de voir les 6 qualités en profondeur lors de mon accompagnement en ligne pour reprogrammer de plus en plus durablement votre système nerveux).


Q4 : "En quoi cette formation est-elle différente des vidéos gratuites sur YouTube ?"


R. Notre formation offre une approche structurée et progressive, couvrant de nombreuses façons de développer les 6 qualités d'une bonne respiration. Ensuite n'importe quelle technique deviendra efficace en fonction du but poursuivi. De plus, vous bénéficiez d'un suivi personnalisé impossible à obtenir avec des vidéos gratuites. Tout l'art est bien souvent dans la nuance. Mes professeurs d'arts martiaux insistaient souvent sur ce point : "le diable se cache dans les détails !"


Q5 : "Est-ce que la visio est aussi efficace que le présentiel ?"


R. Oui. Chaque formation est interactive, rythmée, et conçue pour que vous soyez actif·ve tout au long de la session. Vous vivrez des expérimentations concrètes, avec des temps de réflexion, d’échange, de mise en mouvement… même à distance. 2ième avantage : vous bénéficiez en plus de replays pour vous exercer de façon autonome qui doit être le but de toute transmission. 3ième avantage : le fait de vous entraîner chez vous, va créer les ancrages pour que la respiration soit votre outil numéro 1 dans tous les aspects de votre vie et pas seulement le temps d'une séance à l'extérieur...


Q6 : "j'ai une autre question ?"


R. Vous la trouverez sûrement ici : https://www.kaizenitude.fr/post/foire-aux-questions-faq-sur-la-respir-action ; et sinon, je reste à votre disposition à votre convenance pour tout renseignement complémentaire que vous jugerez utile (soit par mail ou par tél en prenant rdv sur ce site)

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